J’ai ressorti mes sandales préférées au 6e mois de grossesse : le jour où j’ai voulu les enfiler, j’ai compris que quelque chose avait changé pour de bon

En plein cœur de l’été, avec la chaleur qui s’installe ces jours-ci, on a toutes cette même envie : troquer nos baskets fermées contre notre paire de nu-pieds fétiche. Le ventre s’arrondit joyeusement, on se projette doucement vers l’arrivée de bébé, et l’on se dit qu’une petite balade estivale nous fera le plus grand bien. Sauf que ce matin-là, au beau milieu de mon sixième mois de grossesse, la scène digne de Cendrillon a soudainement dérapé : pied coincé, lanière impossible à fermer. La faute à qui ? Spoiler : ce n’est pas seulement une question de prise de poids passagère ou de canicule qui fait gonfler les chevilles ! Le corps a ses mystères que notre dressing a parfois du mal à suivre.

Le matin où j’ai dû me rendre à l’évidence en luttant contre mes lanières de cuir

C’est un de ces matins où l’on est déjà un peu lassée de la lourdeur ambiante et des petits maux quotidiens. On s’assoit, non sans pousser un léger soupir, pour glisser son pied dans cette petite paire de sandales si confortables d’ordinaire. Et là, c’est le drame. Le cuir semble avoir mystérieusement rétréci dans le placard. Après quelques minutes de lutte acharnée pour attacher cette malheureuse boucle, j’ai fini par accepter la réalité : mes orteils débordent, mon talon dépasse, et la chaussure me scie littéralement la peau. Ce n’est pas la faute du cordonnier, ni de la chaleur estivale, mais bien une transformation silencieuse qui s’opère en nous. Au lieu de culpabiliser ou de s’agacer éternellement devant sa penderie, il est grand temps d’écouter ce que notre corps tente de nous dire à travers nos orteils endoloris.

Le redoutable pouvoir de la relaxine qui affaisse discrètement notre voûte plantaire

Pendant la grossesse, et tout particulièrement au cours du deuxième et du troisième trimestre, notre organisme sécrète une hormone aux effets surprenants : la relaxine. Comme son nom l’indique plutôt bien, elle a pour mission indispensable de détendre les tissus et les articulations afin de préparer le bassin à l’accouchement. Seulement voilà, cette hormone ne fait aucune distinction et s’attaque aussi aux ligaments de nos pieds ! Associée à la rétention d’eau classique à cette période et à la prise de poids, cette détente globale provoque un affaissement de la voûte plantaire. Le pied s’allonge et s’élargit inexorablement. Résultat des courses, il est fréquent de gagner entre une demi-pointure et une pointure complète. Pour accompagner cette transition avec douceur et ne pas souffrir le martyre, voici quelques bons réflexes à adopter :

  • Bannissez temporairement les modèles trop rigides ou à bouts pointus.
  • Privilégiez toujours des matières souples qui laissent la peau respirer.
  • Optez pour des fermetures adaptables, comme les velcros ou des sangles réglables.
  • Surélevez vos jambes en fin de journée pour limiter la désagréable sensation de lourdeur.

Un changement durable qui va vous obliger à revoir la taille de toutes vos chaussures

On pourrait croire naïvement qu’après l’accouchement, une fois la valise de maternité lointaine et le post-partum surmonté, nos pieds retourneraient sagement à leur format initial. C’est là que l’on se trompe. Si l’œdème typique des mois chauds finit par disparaître, l’élargissement osseux et ligamentaire, lui, persiste très souvent. Oui, vous avez bien lu : cette nouvelle pointure risque d’être totalement définitive. Il m’a fallu un peu de temps pour faire mon deuil métaphorique de ma collection de souliers et de petites bottines parfaitement alignées. C’est une réalité de la maternité dont on parle trop peu, mais qui mérite d’être connue pour éviter de racheter la mauvaise taille après la naissance. Pour vous aider à y voir plus clair, voici un petit récapitulatif des sensations au fil des mois :

Période Évolution au niveau des pieds Action conseillée
1er trimestre Sensibilité normale, très léger gonflement le soir Continuer à porter ses chaussures habituelles
2e trimestre Les chaussures serrent, effet de la relaxine Passer aux modèles réglables et souples
3e trimestre Affaissement marqué, pointure supérieure visible Acheter une paire dédiée au confort absolu

Faire une croix sur sa collection de souliers fétiches peut ressembler à un petit crève-cœur sur le moment, c’est indéniable. Mais finalement, accepter cette nouvelle pointure définitivement gagnée pendant la grossesse reste de loin l’excuse la plus merveilleuse, et totalement assumée, pour se faire plaisir en renouvelant entièrement son dressing ! Et vous, avez-vous déjà repéré vos futures sandales, celles qui vous accompagneront dans votre nouvelle vie avec un confort absolu et sans aucune culpabilité ?

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