C’est un grand classique de l’hiver. Alors que vous profitiez de ces journées fraîches pour vous reposer au chaud en attendant l’arrivée de bébé, le téléphone sonne. Au bout du fil ou par message, la nouvelle tombe, souvent redoutée par les futures mamans : un neveu, le fils de la voisine ou un camarade de crèche de votre aîné a contracté la varicelle. Et vous avez été en contact avec lui. Le cœur s’emballe un peu, c’est normal. Si ces petits boutons constituent un rite de passage presque banal – bien que pénible – pour les enfants, ils suscitent une inquiétude légitime lorsque l’on porte la vie. On entend tout et son contraire, et l’angoisse monte vite. Pourtant, la médecine a fait d’immenses progrès et les protocoles sont clairs. Rester calme tout en agissant rapidement : voilà la marche à suivre pour protéger ce petit être qui grandit en vous.
Connaître les risques réels selon le trimestre permet de ne pas céder à la peur
Avant de céder à la panique et d’imaginer le pire, il est indispensable de rationnaliser la situation avec des données fiables. La varicelle est très contagieuse, certes, mais ses conséquences sur la grossesse dépendent énormément du moment où l’infection survient. Dans l’immense majorité des cas, les adultes sont immunisés sans même le savoir, ayant contracté le virus dans l’enfance sous une forme bénigne. Toutefois, si vous n’êtes pas protégée, il faut regarder la réalité en face, sans dramatiser, mais avec lucidité.
Le syndrome de varicelle congénitale concerne environ 2 % des fœtus exposés en début de grossesse
C’est l’information clé qu’il faut avoir en tête pour mesurer le risque réel sans sombrer dans l’inquiétude. Selon Santé publique France, la varicelle contractée lors de la grossesse entraîne un risque de syndrome de varicelle congénitale pour environ 2 % des fœtus exposés. Ce chiffre, bien que non nul, reste statistiquement faible. Ce syndrome peut entraîner des anomalies cutanées, neurologiques ou oculaires chez l’enfant à naître. Savoir que le risque n’est pas systématique, loin de là, permet de garder la tête froide pour entamer les démarches médicales nécessaires.
La période la plus critique se situe principalement lors du premier et du deuxième trimestre
Le calendrier joue un rôle prépondérant. La fenêtre de vulnérabilité du virus pour causer ce syndrome de varicelle congénitale se situe principalement durant la première moitié de la grossesse. C’est durant cette phase de formation intensive des organes du bébé que le virus est le plus susceptible de provoquer des séquelles. Passé ce cap, les risques pour le développement du fœtus diminuent, bien qu’une autre forme de vigilance soit requise à l’approche du terme pour éviter une infection néonatale. Pour une maman en début ou milieu de grossesse, c’est cette période des 20 premières semaines qui concentre l’attention médicale.
En cas de contact, une course contre la montre de 96 heures s’engage pour vous protéger
Vous avez appris le contact ce matin ? L’heure n’est plus à la réflexion, mais à l’action. Le système de santé est bien rodé pour ce genre de situation, à condition de ne pas traîner. L’efficacité de la prévention repose sur une réactivité quasi immédiate. Oubliez la procrastination : dès l’annonce du contact avec une personne contagieuse (sachant que la contagion commence environ deux jours avant l’éruption des boutons), le chronomètre est lancé.
La priorité absolue est de vérifier votre statut immunitaire par une sérologie immédiate
La première question que vous posera votre médecin ou votre sage-femme sera : « Avez-vous déjà eu la varicelle ? ». Parfois, le souvenir est flou et les carnets de santé égarés. En cas de contact, il est essentiel de vérifier le statut immunitaire de la mère par sérologie. Une simple prise de sang permet de doser les anticorps. Si le résultat est positif, vous pouvez souffler immédiatement : vous êtes protégée, et votre bébé aussi par vos anticorps. Si le résultat est négatif, le protocole préventif s’enclenche sans délai.
L’administration d’immunoglobulines antivaricelle est indispensable et urgente si vous n’êtes pas déjà immunisée
Si la prise de sang révèle que vous n’avez jamais croisé ce virus, la médecine dispose d’un bouclier efficace pour tenter d’empêcher l’infection de se déclarer ou d’en atténuer la gravité. Il faut prescrire une immunoglobuline antivaricelle si la future maman n’est pas protégée, idéalement dans les 96 heures suivant le contact contaminant. Ce délai est strict : au-delà, l’efficacité de ce traitement préventif chute drastiquement. C’est pourquoi il est crucial de contacter sa maternité ou son médecin traitant dès la minute où vous apprenez l’exposition au virus, sans attendre l’apparition du moindre symptôme.
Une infection confirmée déclenche un protocole de surveillance renforcée et de soins ciblés
Malgré toutes les précautions, il arrive que l’infection se déclare. C’est une nouvelle difficile à accuser, mais ce n’est pas une fatalité. Aujourd’hui, la prise en charge médicale ne laisse plus la nature faire seule son œuvre. Une prise en charge multidisciplinaire se met en place pour vous accompagner, vous et votre bébé, avec bienveillance et technicité.
Un suivi échographique rapproché et une surveillance biologique sont mis en place
Dès lors que la maladie est avérée chez la femme enceinte, l’équipe obstétricale adapte le suivi. Fini les rendez-vous espacés : on passe en surveillance rapprochée. Un suivi échographique rapproché et une surveillance biologique permettent de monitorer l’évolution du fœtus. Ces examens spécifiques, réalisés par des échographistes référents, visent à dépister les signes d’une éventuelle atteinte fœtale, comme un retard de croissance ou des anomalies des membres ou des organes. Ces investigations permettent d’anticiper la prise en charge à la naissance et, souvent, de rassurer les parents en constatant que tout va bien.
L’équipe médicale peut envisager la prescription d’antiviraux dès le second trimestre
Le traitement de la varicelle pendant la grossesse ne se limite pas à faire tomber la fièvre ou à apaiser les démangeaisons. Pour contrer la réplication du virus et limiter les risques de complications maternelles, notamment la pneumopathie varicelleuse qui est une forme grave chez l’adulte, les médecins disposent d’un arsenal thérapeutique. Les antiviraux, comme l’aciclovir, peuvent être envisagés dès le second trimestre sous contrôle médical. Ce traitement, généralement bien toléré, doit être débuté le plus tôt possible après l’apparition de l’éruption cutanée pour être pleinement efficace.
Face à la varicelle, la meilleure attitude reste un équilibre entre prudence et réactivité. Il n’est pas nécessaire de s’isoler tout l’hiver, mais garder ces réflexes peut tout changer. En vérifiant rapidement votre immunité et en suivant le protocole médical si l’infection se déclare, vous mettez toutes les chances de votre côté pour préserver la santé de votre enfant et vivre le reste de votre grossesse plus sereinement.
